Par le bout du nez !

Un jardin de « senteurs » est avant tout un jardin de temps !

Il est essentiel de le prendre, le temps, pour découvrir un jardin olfactif.

Le temps de l’immersion, de la concentration, car tout comme le goût, l’olfaction se travaille, mais pas seulement.

Notre odorat est intimement relié à nos émotions et nos sensations. En effet, nous avons tous en tête une odeur. Celle de l’herbe fraichement coupée, de la pluie après l’orage, de l’humus dans la forêt ou encore du seringat et du jasmin si enivrants !

Vous pouvez faire de votre extérieur, un lieu hors du temps ! Un cocon rempli de souvenirs heureux et joyeux grâce aux plantes.

Aux aromatiques et médicinales, heu… pas seulement.

Un des jardiniers au service de Jacques Wirtz avait confié à une journaliste : « le parfum dégagé par la floraison des  Azalées mollis (Azalea mollis) combiné au Pin sylvestre (Pinus sylvestris) et à la terre de bruyère, réchauffés par les rayons du soleil, provoque une odeur inoubliable, une expérience de printemps. »

Il s’agit bien là, d’une expérience sensorielle totale ! Une véritable immersion dans son environnement, ce que l’on appelle : une expérience de nature.

C’est cette relation (nature / environnement / jardin et nous) qui ancre ces odeurs dans notre mémoire et nous fait voyager à chaque fois que nous y repensons.

Car oui, l’odeur a ce pouvoir, le pouvoir de la réminiscence.

 L’olfaction est pour moi le sens le plus complexe, il est de l’ordre de l’intime qui peut être « matérialisé » en quelque sorte dans un jardin.

Puisqu’un jardin, c’est bien plus qu’un lieu de vie ! C’est une scène, un spectacle vivant, visuel, sonore et olfactif. En d’autres termes, un espace sensoriel.

Au détour d’une allée, nous croisons un lilas ou nous déambulons sous une tonnelle de glycine et voilà que notre esprit s’évade et vagabonde dans nos souvenirs.

C’est pourquoi, il nous est si difficile de vivre sans ce sens si essentiel.

En effet, 80 % des personnes atteintes d’anosmie (perte d’odorat)  ont connu ou vont connaître une lourde dépression au cours de leur vie, selon une étude réalisée au Royaume-Uni en 2014.

Un des symptômes de la covid 19 est l’anosmie partielle ou totale,qui peut être provisoire ou définitive. 

C’est pourquoi, l’association Anosmie.orgavec l’aide du chercheur HiracGurden (spécialiste de l’olfaction) ont diffusé un protocole de rééducation olfactive basé sur des travaux de recherche menés par Thomas Hummel à Dresde en Allemagne.

Il s’agit d’un programme pour réapprendre à sentir !

Dans un autre registre, l’aromathérapie est également utilisée pour soulager les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

« Les huiles essentielles les plus prisées pour les personnes souffrant d’Alzheimer sont celles qui stimulent les fonctions cognitives menacées par la maladie (mémoire, concentration, attention…). À savoir celles de pin sylvestre, de menthe poivrée, de citron… et surtout, de romarin, dont l’efficacité a été mise en évidence par des travaux de recherche dirigés par Mark Moss (Université de Northumbria) » d’Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation Recherche Alzheimer.

En fin de compte, le meilleur endroit, pour apprendre ou réapprendre l’olfaction, sens essentiel à notre bien-être, ne serait-il pas le JARDIN ?

Audrey Hennequin

Sources :

Ju Y., McLeland J et al., “Sleepquality and Preclinical Alzheimer Disease” JAMA Neurol. 2013, 70 (5):587-593.

Aromatherapy for Alzheimer’sdisease, Effect of aromatherapy on patients withAlzheimer’sdisease, Psychogeriatrics 2009; 9: 173–179, DaikiJIMBO,Yuki KIMURA, Miyako TANIGUCHI, Masashi INOUE and Katsuya URAKAMI

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